SOKOL photographe

Exposition - Galerie Grenadine du 9 juin au 7 juillet 2016.

"Il y a, certainement enfoui dans l’aluminium écrasé d’Emmanuel Sokol, le récit photographique d’une lignée urbaine, la trajectoire sensible d’une famille parisienne, tracée de génération en génération. Et le chemin créatif emprunté depuis ses études de philosophie, mêlées aux Beaux-Arts, ne nous étonne pas, tant son travail est multidimensionnel. « L'art concilie l'instinct et le raisonnement. Un art brut peut avoir un aspect conceptuel, l'émotion donne naissance à une réflexion, souvent. » Ancien assistant de Tania Mouraud et de Bernard Gerboud, dont il a nourri sa réflexion sur l'art, il répond tout net à la question de l’imposture « Warholienne » parfois considérée par ses détracteurs : « tous les artistes contemporains ont remis en cause l'art de leur parents. L'art est associé à une époque, à une culture et à des outils... Wharol est un des artistes qui vivaient le plus dans son temps. »
La mise en scène des images d’Emmanuel est dépouillée, « pour être le plus pur possible, confie-t-il. Pour ne pas vampiriser l'idée, et la cannette en très gros plan offre une infinité de graphismes. » Avec toujours latente cette notion de recyclage, de prendre de la matière existante et de la détourner pour que son issue ne soit pas stérile. « J'aime réfléchir sur la consommation et ses travers. Peut-être parce que je suis publicitaire. J'ai emprunté le titre de mon travail à une fable philosophique : Flatland de Edwin Abbott, un mythe de la caverne revisitée. Une réflexion sur les visions de la société. »

Que reste-t-il au bout de l’humanité citadine ? Que restera-t-il lorsqu’il n’en restera rien ? Une bouteille ? Un sac en plastique ? Un mange-disque avec un concerto pour clarinette de Mozart qui s’essouffle ? Une canette de soda aplatie par un pied lourd sur le pavé ? une chose est sûre, avec ces questions que posent les clichés d’emmanuel sokol, artiste glaneur de temps présent, on constate la nécessité évidente de son œuvre.

Une série récupérée dans les rues de Paris sera exposée du 9 juin au 7 juillet, à Melun, galerie grenadine, 3 rue des cloches, à découvrir absolument."

Karine Dessale.